§ La situation
Le salaire minimum du Québec est passé à 16,60 $/heure le 1er mai 2026 (CNESST), ce qui affecte environ 258 900 travailleur·euse·s. Selon l'étude Revenu Viable de l'IRIS, une personne seule à Montréal a besoin de 41 585 $ après impôts par année (IRIS, avril 2026) juste pour vivre décemment. Une personne au salaire minimum à Montréal atteint 68 % de ça. L'écart, c'est pas un bug. C'est le design. Les grandes épiceries, la grande restauration, le grand commerce de détail, les grands entrepôts font tous pression pour que le plancher reste bas pendant que leurs profits montent. Pis le gouvernement traite l'écart comme un fait naturel. Ça n'en est pas un. Chaque année, le gouvernement fixe le salaire minimum. Chaque année, il choisit de laisser du monde à découvert. On est la première juridiction en Amérique du Nord à mettre fin à l'écart, point. Le salaire minimum devient le Revenu Viable, indexé sur ta région, calculé par l'IRIS. Projection 2030 : environ 26-28 $ de l'heure à Montréal, 23-25 $ en région. Le plancher, c'est ce que ça prend pour vivre. Point. Pis les petites entreprises portent pas la transition toutes seules.
§ Ce qu'on va faire
- 01Le salaire minimum devient le Revenu Viable IRIS de la région, indexé automatiquement chaque année. Bandes régionales : métro Montréal, métro Québec, autres urbaines, régionales, éloignées. Valeurs projetées en 2030 : 26-28 $/heure à Montréal, 23-25 $/heure en région.
- 02Révision annuelle par un Conseil indépendant du Salaire Viable : chercheur·euse·s de l'IRIS, statisticien·nes de l'ISQ, représentant·es syndicaux·les, représentant·es employeur·euse·s, groupes communautaires. Le Conseil calcule, le gouvernement met en œuvre. Fini les jeux politiques avec l'argent du loyer du monde.
- 03Même salaire pour les travailleur·euse·s à pourboire que pour tout le monde. Fin de l'exception au sous-salaire-minimum qui piège les serveur·euse·s dans la dépendance à la générosité des client·es pour gagner leur vie.
- 04Fonds de transition PME vers le Salaire Viable : pour les entreprises de moins de 50 employé·es, la province couvre 40 % de la hausse du salaire minimum en année un, 25 % en année deux, 10 % en année trois. Paiements directs, pas de cauchemar de paperasse. Chaque PME a le temps de s'ajuster.
- 05Baisse d'impôt corporatif PME : réduire le taux d'imposition des petites entreprises de 3,2 % à 2 % sur les premiers 500 000 $ de profits. Ça compense une partie du coût salarial, ça laisse du liquide dans l'entreprise.
- 06Accès PME au crédit de la Banque publique (Ch09) aux mêmes taux que les grandes entreprises. Les petites entreprises paient la même prime d'emprunt que les projets risqués depuis trop longtemps. Ça finit.
- 07Comptabilité pis aide juridique gratuites pour les entreprises de moins de 20 employé·es, via un Bureau de soutien aux petites entreprises. Les consultant·es payé·es connaissent le code fiscal, les PME devraient pas avoir à le connaître.
- 08Approvisionnement public préférentiel : contrats gouvernementaux fractionnés pour que les PME locales puissent soumissionner sur des parties de grands projets. Fini la pratique de regrouper chaque contrat dans une taille que juste Bombardier peut gérer.
- 09Garantie de salaire viable dans le secteur public pis les sociétés d'État, incluant tous les sous-traitants, dès le jour un. L'argent public paie pas de salaires de misère, pis c'est là que le gouvernement mène par l'exemple.
- 10Droit à la négociation sectorielle dans les secteurs à bas salaire : commerce de détail, restauration, entrepôts, centres d'appels. Les syndicats pis les employeurs négocient à l'échelle de l'industrie, pas milieu de travail par milieu de travail.
- 11Interdire les stages non payés dans les entreprises à but lucratif. Si c'est du travail, c'est payé.
- 12Publier une Liste de la Honte annuelle des employeurs : les firmes avec plus de 100 employé·es dont le salaire médian est en dessous du Salaire Viable local. Accès aux contrats pis subventions gouvernementales refusé aux employeurs sur la liste. Les PME exclues de cette liste, parce que le Fonds de Transition fait la job.
§ Ce que ça donne ailleurs
Seattle a mis en place le 15 $ progressivement à partir de 2014; une décennie de recherche évaluée par les pairs constate des effets sur l'emploi faibles à négligeables pendant que les revenus des bas salaires ont substantiellement augmenté. L'État de New York est en voie d'atteindre 17 $ à NYC. Le Royaume-Uni a porté son « National Living Wage » à 12,21 £ en 2025, avec une baisse de la pauvreté au bas de l'échelle salariale par rapport à des pays européens comparables.
§ Comment on paierait ça
Fonds de transition PME vers le Salaire Viable : 1,2-1,8 G$ / an dans le premier mandat (en baisse à mesure que les entreprises s'ajustent). Baisse d'impôt PME : 150-250 M$ / an de revenus manqués. Salaire viable secteur public : 600-900 M$ / an en salaires additionnels du secteur public, largement retournés en dépenses de consommation pis en impôt sur le revenu. Conseil indépendant du Salaire Viable : 8-12 M$ / an. Application : 30-40 M$ / an. Coût public total premier mandat : 2-3 G$ / an. Entièrement couvert par les mesures de revenus du Ch01. Coût du secteur privé porté par les employeurs, dont environ deux tiers opèrent dans des secteurs qui affichent des profits records.
§ Notre calendrier
Calendrier annoncé dans les 100 premiers jours. Première hausse significative le 1er mai de la première année complète. Plancher de 20 $ atteint à la fin du mandat.
